On dit de Paris qu’elle est la capitale de la gastronomie et c’est vrai qu’il y en a pour tous les goûts. Mais parfois, le petit bistrot en bas de la rue, aussi parfait soit-il, ne suffit plus. On veut de l’inattendu, du concept qui dérange, du repas dont on parlera encore trois jours après. Bonne nouvelle : le retour du soleil donne des ailes, et l’Île-de-France regorge d’adresses complètement folles à tester au moins une fois dans sa vie !
Les fusions les plus improbables
La cuisine fusion, ce n’est pas nouveau. Depuis que les humains voyagent, ils ramènent dans leurs valises des saveurs qui finissent tôt ou tard par se croiser dans une casserole. Mais depuis l’avènement du cronut, ce croisement improbable entre croissant et donut qui a mis le monde en émoi, les chefs n’ont plus vraiment de limites. Et franchement, tant mieux.
Les dernières trouvailles parisiennes en sont la preuve. Le restaurant Noori a osé le « tacosushi » : la rencontre entre le taco mexicain et le sushi japonais, servie dans un décor de taverne nippone. Et si vous voulez aller encore plus loin dans la fusion improbable, Kokodak marie cuisine italienne et spécialités coréennes, ce qui donne des combinaisons comme le poulet katsu sauce tomate et kimchi sur spaghetti crémeux. Oui, vous avez bien lu !
Les expériences immersives les plus inattendues
L’immersion au restaurant, c’est l’idée que manger ne commence pas en bouche, mais bien avant : par les yeux, les oreilles, parfois même par les pieds. Quand le cadre raconte une histoire, quand on a l’impression d’être ailleurs, le goût s’en trouve décuplé (ou en tout cas, le souvenir reste). C’est ce pari que font de plus en plus de restaurants parisiens, avec des résultats parfois bluffants.
La végétation qui envahit les lustres, les murs, les velours et les bois du Jungle Palace dans le 10e vous transportent en pleine jungle tropicale, curry de crevettes et bananes plantains au menu. A Issy-les-Moulineaux, Under The Sea vous plonge littéralement sous l’océan grâce à un décor de cinéma et des produits de la mer soigneusement sélectionnés. Et pour les amoureux du Japon, Kodawari Tsukiji reconstitue avec une précision déconcertante l’ambiance d’un marché aux poissons tokyoïte… sol humide, faux poissons sur la glace, cris de mouettes, le tout accompagné de ramens qui font oublier qu’on est bien à Paris. Enfin, pour ceux qui préfèrent les paillettes aux poissons, Mistinguett au premier étage du Casino de Paris replonge dans les Années folles, entre vitraux classés et dorures au plafond, pour un dîner aussi chic que dépaysant.

Les méthodes de dégustation les plus surprenantes
On oublie parfois que la façon de manger est aussi une invention culturelle. On n’a pas toujours eu de couverts, de tables, d’assiettes rondes et de serveurs en veste. Et si changer la manière de manger changeait aussi ce qu’on perçoit dans l’assiette ? C’est exactement la théorie que certains restaurants parisiens ont décidé de pousser à l’extrême.
Dans le Noir, dans le 4e arrondissement, l’expérience est radicale : on mange dans le noir complet, servi par des maîtres d’hôtel non-voyants, sans savoir ce qu’on a dans l’assiette. Résultat : les autres sens prennent le relais, et chaque bouchée devient une petite aventure sensorielle. À l’opposé de l’obscurité, il y a l’audace sociale : Dixner réunit neuf parfaits inconnus autour d’une même table, dans un lieu tenu secret jusqu’au dernier moment. Les convives sont matchés selon leur profil, le menu est fixe et les conversations s’enchaînent. C’est le genre de soirée qui finit en belle amitié, ou au moins en bonne anecdote.
Les cadres de restaurant les plus fous
Fini les terrasses ? (De toute façon, les terrasses ensoleillées, en Île-de-France , c’est une espèce rare). Pourquoi se contenter d’un cadre ordinaire quand Paris offre des décors absolument improbables pour dîner ? La ville a l’avantage unique de se transformer en décor permanent, alors autant en profiter jusque dans l’assiette.
Il y a ceux qui ont choisi la Seine comme salle à manger. Ducasse sur Seine, c’est un restaurant gastronomique flottant dans un écrin de verre, qui dérive doucement face à la tour Eiffel le temps d’un repas. Et pour ceux qui préfèrent rouler plutôt que naviguer, le Bustronome transforme un bus panoramique à deux étages en restaurant itinérant. On monte à bord avenue Kléber, on traverse les plus beaux monuments de la capitale en 2h45, et on enchaîne les plats d’un menu qui change toutes les six semaines. La tête dans les nuages parisiens, les papilles en alerte : c’est peut-être ça, la définition parfaite du resto WTF.
Alors, prêt·e à sortir des sentiers balisés de la baguette-fromage-vin ? Enfourchez votre Vélib’, ouvrez grand les yeux (et le palais), et laissez-vous surprendre. Après tout, la vraie aventure gastronomique commence souvent à deux coups de pédale de chez soi.



