5 légendes urbaines de Paris et d’Île-de-France

Paris et l’Île-de-France, c’est comme un iceberg : la surface brille sous les flashs des touristes. Mais quand on gratte un peu, les monstres ne sont jamais très loin.  Derrière les monuments emblématiques se cachent des récits qui mélangent faits historiques, légendes populaires et imagination débridée.
Alors enfilez votre casque de vélo (ou d’explorateur urbain) pour partir à la découverte de cinq légendes qui donnent une tout autre dimension aux lieux que vous croyez si bien connaître.

Un chef-d’œuvre forgé par le Diable

La légende : le ferronnier Biscornet avait une mission impossible : forger les portes latérales de Notre-Dame. Débordé, il aurait invoqué le Diable à qui il aurait offert son âme en échange d’un petit coup de pouce pour terminer son chantier dans les temps (un challenge à n’importe quelle époque, visiblement). Si elles étaient bien là au petit matin, elles ont refusé de s’ouvrir le jour de l’inauguration. A croire que le Diable avait gardé les clés ?

La réalité : les portes de Notre-Dame sont un chef-d’œuvre technique remarquable, restaurées par Viollet-le-Duc au XIXe siècle. Aujourd’hui encore, la légende de Biscornet plane sur l’île de la Cité… La preuve qu’une prouesse technique suffit à nourrir un mythe.

Station Vélib’ la plus proche : Quai aux Fleurs – Pont Saint-Louis

Le squatteur qui ne veut pas partir

La légende : avant d’être l’un des plus beaux opéras du monde, le Palais Garnier serait aussi la demeure d’un fantôme squatteur qui refuse obstinément de partir. C’est Gaston Leroux qui a popularisé ce mythe au début du XXe siècle, celui d’Erik, un jeune pianiste défiguré après un incendie et qui aurait vécu caché dans les sous-sols du Palais. Amoureux transi d’une jeune chanteuse, il aurait terrorisé l’équipe de l’opéra par des accidents mystérieux (poulies qui tombent, éclairages qui s’éteignent, etc.)

La réalité : le Palais Garnier reste un bâtiment riche en secrets. Ce qui rend l’histoire crédible, c’est qu’il a VRAIMENT tout d’un manoir hanté : des souterrains labyrinthiques, un lac souterrain, une mystérieuse loge n°5 et des événements tragiques qui ont marqué son histoire. Le plus célèbre ? La chute du lustre en 1896 qui a tué une spectatrice.

Station Vélib’ la plus proche : Louis le Grand – Italiens

Le Sweeney Todd parisien

La légende : au Moyen-Âge, rue des Marmousets, sur l’Île de la Cité, les habitants soupçonnaient le barbier local d’assassiner ses clients et de faire disparaître les corps en les confiant au pâtissier d’à côté qui les transformait… en pâtés maison. La combine macabre aurait été découverte après qu’un chien du quartier ait ramené des restes humains à son maître.

La réalité : aujourd’hui encore, difficile de démêler le vrai du faux ni de connaître les origines exactes de cette légende urbaine parisienne. Ce qui ne l’a pas empêché d’entrer dans la postérité grâce à Tim Burton qui s’en est inspiré pour créer son personnage de Sweeney Todd. Et pour ceux qui aiment se faire peur, vous pouvez encore longer rue Chanoinesse les bâtiments historiques qui bordaient autrefois la rue des Marmousets.

Station Vélib’ la plus proche : Quai aux Fleurs – Pont Saint-Louis

Une légende sans queue ni tête

La légende : saint Denis aurait été décapité… rien de très original dans l’Antiquité. La suite l’est davantage.
Après sa décapitation, il aurait ramassé sa propre tête et marché plusieurs kilomètres depuis la colline de Montmartre jusqu’au lieu où il souhaitait être enterré.
En terme scientifique, on parle de céphalophorie (soit littéralement porter sa tête). Et c’est d’ailleurs devenu la signature de saint Denis ; le patron des décapités, en quelque sorte.

La réalité : cette légende ancre l’histoire religieuse de l’Île-de-France et de ses martyrs (qui ont d’ailleurs donné leur nom à la colline de Montmartre). Elle permet aussi de sortir de Paris pour découvrir la Basilique de Saint-Denis qui abrite les tombeaux des rois de France. De jour, c’est un monument magnifique, mais à la tombée de la nuit, l’ambiance est nettement plus gothique. À vous de choisir !

Station Vélib’ la plus proche : Basilique

Un monstre aux dents longues

La légende : été 1848. Paris frissonne malgré la chaleur estivale. Régulièrement au petit matin, des cadavres sont retrouvés exhumés dans le cimetière du Montparnasse. Les victimes sont toutes de jeunes femmes. Très vite, les rumeurs enflent : c’est un vampire, un monstre, une créature impossible à saisir. La presse populaire en est friande et le « Vampire du Montparnasse » devient l’obsession du tout Paris.

La réalité : derrière cette légende se cache une histoire bien réelle et glaçante. En mars 1849, après des mois de chasse, les autorités installent un piège : un fil métallique électrifié autour du cimetière, qui déclenche une mitraille au moindre contact. Le responsable tombe dans le piège, gravement blessé. C’est un sergent de l’armée, un homme ordinaire dont le procès attirera les foules, mais qui ne sera condamné qu’à un an de prison pour violation de sépulture.

Station Vélib’ la plus proche : Edgar Quinet – Raspail

Ces légendes sont autant de prétextes pour redécouvrir l’Ile-de-France avec un nouveau regard (légèrement méfiant). Elles racontent aussi très bien comment l’imagination collective transforme nos villes. Alors si vous avez le cœur vaillant, mais pas trop, partez explorer à Vélib : on distance plus facilement les monstres à deux-roues !